Engie
Mouvement des entreprises de taille intermédiaire

Observatoire énergie des ETI par le METI et ENGIE

En février 2026, le METI et ENGIE ont mené une première enquête nationale* de grande ampleur dédiée aux attentes et priorités énergétiques des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Un questionnaire approfondi de 54 questions, adressé à 1 500 dirigeants d’ETI, dont près de la moitié issus du secteur industriel, permet de dresser un état des lieux inédit de leur rapport à l’énergie.

La crise énergétique de 2022 a marqué un tournant durable. L’enquête met en évidence un changement de regard profond : l’énergie n’est plus un simple poste de coûts. Elle est devenue un enjeu stratégique majeur, au cœur des décisions industrielles, financières et environnementales, et un levier déterminant de compétitivité pour les ETI.

2022 : le choc de conscience énergétique des ETI

La flambée des prix et les tensions sur l’approvisionnement ont profondément marqué les dirigeants.

75 %  des dirigeants interrogés déclarent que la crise de 2022 a durablement changé leur rapport à l’énergie.

Cette période a fait émerger une prise de conscience claire : exposition accrue aux marchés de l’énergie, impact direct sur la compétitivité, la capacité d’investissement et, pour certaines entreprises, la continuité d’activité.

La crise a également accéléré la montée en compétence des équipes dirigeantes sur les sujets énergétiques. La gouvernance de l’énergie s’est hissée au plus haut niveau : plus d’un répondant sur deux appartient aux présidences ou directions générales. Les arbitrages sont désormais plus structurés, le dialogue avec les fournisseurs renforcé et l’énergie pleinement intégrée à la stratégie globale de l’entreprise.

Des ETI déjà largement engagées dans la décarbonation

L’enquête révèle un engagement important et concret des ETI dans la transition énergétique.

91 %

des ETI interrogées ont engagé une démarche de décarbonation de leurs usages.

70 %
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déclarent avoir déjà mis en œuvre des
actions visant à décarboner l’énergie
qu’elles consomment.

Ces résultats traduisent une approche résolument pragmatique et opérationnelle. Efficacité énergétique, évolution des mix de consommation, électrification progressive des usages ou intégration d’énergies renouvelables : les ETI avancent avec méthode, en recherchant un équilibre entre performance économique et réduction de leur empreinte carbone.

Les freins des ETI pour atteindre un objectif de transition énergétique

Pour autant, cette dynamique se heurte encore à plusieurs obstacles structurants.

Les dirigeants identifient en premier lieu le coût des investissements comme un frein majeur. S’y ajoutent la complexité technique de l’électrification de certains procédés industriels, liée aux usages existants, ainsi que la complexité réglementaire et administrative.

Enfin, le manque de temps et de ressources internes constitue également un frein, dans des organisations déjà fortement mobilisées sur leurs enjeux opérationnels.

La crise énergétique de 2022 n’a pas initié ces trajectoires, mais elle en a été un accélérateur décisif, contribuant à structurer des démarches déjà engagées, tout en mettant en lumière la nécessité d’un accompagnement renforcé pour lever ces freins.

Face à la crise, les ETI ont joué un rôle d’amortisseur économique

Confrontées à une hausse brutale des coûts de l’énergie, les ETI ont fait preuve d’une forte capacité d’adaptation. Ajustement des consommations, réorganisation des processus de production, acceptation ponctuelle de marges plus faibles : elles ont su absorber le choc, souvent au prix d’efforts significatifs.

1 ETI sur 3

a absorbé directement la hausse des coûts énergétiques, sans la répercuter intégralement à ses clients.

56 %
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des dirigeants indiquent que la crise a eu un impact sur leurs prix de vente, illustrant la tension permanente entre inflation, compétitivité et maintien de l’activité.

Après l’ARENH, un nouveau paysage énergétique

Le mécanisme de l’ARENH offrait un repère clé : un prix régulé, connu à l’avance, garantissant stabilité et visibilité quelle que soit l’évolution des marchés. La mise en place de la nouvelle régulation du nucléaire et du Versement Nucléaire Universel marquent l’entrée dans une nouvelle phase caractérisée par une exposition accrue aux mécanismes de marché.

90 %

des dirigeants déclarent ne pas se sentir suffisamment informés sur le dispositif post-ARENH, révélant un besoin fort de lisibilité et d’accompagnement.

40 %
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des ETI estiment que ces évolutions représentent un risque pour leur modèle économique.

La visibilité à long terme devient ainsi un enjeu central, dans un environnement où les règles évoluent et où la volatilité s’installe durablement.

Inventer, ensemble, de nouvelles solutions énergétiques

Dernier enseignement clé de l’enquête : face à la complexité croissante du paysage énergétique, les ETI expriment un besoin clair d’accompagnement.

60 %  des ETI estiment que leur relation avec leurs fournisseurs d’énergie reste essentiellement “contractuelle”.

Les ETI attendent désormais bien plus que de la simple fourniture d’énergie.

75 %
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des ETI, estiment que les fournisseurs ont un rôle structurant à jouer : apporter davantage de clarté et de lisibilité, renforcer la pédagogie, proposer un accompagnement dans la durée et développer des solutions innovantes adaptées à leurs enjeux.

Cette attente se traduit également par un besoin fort de stabilité et de visibilité.

+ de 90 %

des ETI souhaitent pouvoir s’engager sur des contrats d’énergie allant jusqu’à 5 ans, afin de sécuriser leurs investissements et leurs trajectoires de décarbonation.

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Suite à cette enquête et dans un contexte de transformation profonde du paysage énergétique, le METI et ENGIE ont décidé d’engager un travail en commun. Cette démarche vise à explorer des pistes de solutions permettant de renforcer la lisibilité, la flexibilité et la résilience des réponses apportées aux enjeux énergétiques des entreprises, dans le respect de leur liberté de choix et de décision.

Les travaux conduits auront pour objectif d’éclairer les conditions dans lesquelles les contraintes économiques, les trajectoires de décarbonation et la réalité opérationnelle des entreprises peuvent être mieux articulées, sans préjuger des choix individuels des acteurs concernés.

Simplifier la complexité, sécuriser les trajectoires, transformer l’énergie en levier de performance : c’est à cette condition que l’énergie pourra pleinement redevenir un facteur de compétitivité durable pour les ETI.