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Le 9 mars, que deviennent les actions de la veille pour les droits des femmes ?

Par Marc CirrePublié le 09 mars 2021 à 11h59Mis à jour le 09 mars 2021 à 14h30

Quel est le sens de cette  journée internationale pour les droits des femmes chez ENGIE Entreprises & Collectivités ? Engagées, volontaires, déterminées, 5 femmes travaillant chez ENGIE Entreprises & Collectivités partagent leur vision sur cette journée particulière.

 

Que reste t-il à J+1 ? Voici 5 regards croisés autour de la condition féminine dans le monde, dans l’entreprise, dans la sphère privée.

A quoi sert le 8 mars ?

« Le 8 mars, c’est toute l’année ! » peut-on lire dans certaines tribunes militantes. Les journées internationales promouvant des causes et des combats restant à mener fleurissent comme autant de jours de notre calendrier.  Néanmoins, la journée internationale du droit des femmes a ceci de particulier qu’elle concerne la moitié de l’humanité ! Ce qui doit lui donner une caisse de résonnance extraordinaire.

« Ce n’est pas une journée qu’il faudrait, mais toute une vie » d’après Sophie, dont l’avis sur l’existence même de cette journée est complété par celui de Claire qui déplore qu’ « … elle soit récupérée en marketing pour vendre, alors que ce devrait être une journée pour discuter des droits des femmes et des difficultés rencontrées. »

« Cette date du 8 mars permet de rappeler que l’égalité des droits Homme-Femme est loin d’être atteinte, même dans nos pays que nous considérons comme développés. Je suis encore effarée lors de certaines discussions, de nos jours, du manque de conscience des difficultés rencontrées uniquement liées au genre de la personne ! Cette journée est donc essentielle pour éduquer, informer, sensibiliser » complète Claire.

Faire face aux difficultés, donc, les rendre visibles pour faire prendre conscience à tous du problème, et surtout agir pour faire disparaître ces barrières sexistes qui perdurent entre les femmes et les hommes dans la vie professionnelles, mais aussi dans nombre de situations de l’existence.

La journée internationale des droits des femmes consacre ainsi un temps nécessaire pour « se rappeler que les femmes peuvent faire valoir leur droits, qui doivent être les mêmes que ceux des hommes » selon Anne, qui précise toutefois que « ce n’est pas un moment pour dire que le femme doit être l’égale de l’homme, mais plutôt qu’elle doit avoir la possibilité d’exercer ses droits au travail, sa liberté, sa capacité à s’exprimer. Enfin, c’est aussi une opportunité pour jauger si la place de la femme dans la société a évolué. »

Et si le 8 mars était une célébration, ce serait par anticipation celle « du futur des femmes dans notre société, une date pour redire haut et fort que notre présent et notre avenir se construisent avec toutes les forces en présence, quel que soit son genre ou son pays de naissance. La diversité est la richesse qui doit nous permettre de nous projeter dans un avenir le plus harmonieux et durable possibles » pour Sophie. Quant à Nolwenn, le 8 mars doit permettre à chacun de « garder en mémoire tout le chemin qu’il a fallu parcourir pour arriver à avoir des droits en France, et également ne pas oublier de regarder ailleurs, car les inégalités subsistent aussi entre femmes d’un pays à l’autre.» Comme Donia, qui estime que ce jour doit nous sensibiliser au sort « … de toutes les femmes à qui l’on dénie la dignité que mérite tout être humain. Se forcer à regarder ce qu’on ne veut pas forcément voir et décider d’agir si on ne le fait pas déjà. »

Est-ce polémique de militer pour les droits des femmes en 2021 ?

Non, selon Claire « Arrêtons ces polémiques qui n’ont pas lieu d’être. Bien que les femmes soient les plus nombreuses, bizarrement, la société est encore bâtie de manière très patriarcale. Nous avons les mêmes droits sur le papier mais pourquoi alors les femmes qui font plus d’études en moyenne que les hommes ont de plus bas salaires ? Pourquoi leur coupe-t-on la parole plus facilement ? C’est à nous, hommes comme femmes, de réfléchir à ces situations et de faire attention non seulement à nos actes, mais aussi de réagir lorsqu’on est témoin de pareilles situations. Il faut bien avoir à l’esprit que ne pas (ré)agir, c’est cautionner ! J’ai été dans une situation il y a quelques années où le senior manager faisait des blagues sexistes devant le reste de l’équipe composée de 10 hommes… et moi. Pas un seul n’a réagi… »

Nolwenn cite Idriss Aberkane : « Toute révolution, quel que soit son secteur, passe par 3 phases successives : ridicule, dangereux, évident » et précise « le vote des femmes est d’abord considéré comme ridicule : les femmes doivent se contenter du vote de leur mari, puis dangereux : le vote des femmes risque de bouleverser la société, avant d’être admis comme une évidence par tous, 70 ans après la décision de permettre aux femmes de voter. »

Alors nous en serions encore seulement à l’étape première d’une révolution ? L’année dernière, le contexte sanitaire a amplifié les phénomènes sociaux extrêmes. C’est notamment une des justification du thème de cette année développé par ONU Femmes pour cette journée internationale : Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19.

Et le 9 mars, on fait quoi pour faire avancer les choses ?

Anne suggère de « …demander à chacun de faire une action à son niveau pour défendre les droits des femmes : une voisine, une amie, une collègue, une nièce ? Ce ne sont pas les combats qui manquent : fin des violences faites aux femmes, mères seules qui se retrouvent avec un enfant dans la rue … on peut tous se rapprocher d’une association pour aider. » Suggestion partagée par Nolwenn, en faveur du parrainage « … de jeunes filles dans le monde pour leur offrir l’éducation, la connaissance, les protéger et leur offrir la chance de pouvoir faire des  choix ! »

Pour les 5 participantes de cet échange, il y a convergence sur la continuité à mener : Sophie fera son possible pour que ça dure toute l’année, et Claire espère cultiver « … les conclusions de nos réflexions de la veille pour les appliquer dans notre quotidien. »

Pour conclure « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Cela ne date pas d’hier, Simone de Beauvoir tenait ses propos il y a plus de soixante-dix ans. L’égalité des droits des femmes et des hommes est un combat de longue haleine qui doit se conjuguer au quotidien et dans la durée.