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Quand la moutarde sert aussi à l’aviation

Publié le 12 février 2018 à 09h37Mis à jour le 09 juin 2019 à 11h40

Comme chaque jour sur l’aéroport de Los Angeles, l’équipage du vol Quantas 96 se prépare à décoller pour rallier Melbourne (Australie) après 15 heures de vol. Ce 29 janvier, sans le savoir, les passagers du Boeing 787 australien vont vivre une première mondiale.

La moutarde d’Abyssinie

Les réservoirs du Dreamliner sont emplis d’un mélange de kérosène et d’huile de moutarde d’Abyssinie (Brassica carinata), une oléagineuse, cousine du condiment bourguignon. Durant sa traversée du Pacifique, l’avion de ligne va consommer 24 tonnes de cet agro-carburant. Cette cargaison inédite lui a permis d’éviter l’émission de 18 tonnes de CO2.

Réduire l’empreinte carbone de l’aviation

Car, c’est bien l’objet de l’expérience. L’aviation commerciale mondiale s’est engagée à stabiliser ses émissions d’ici à 2050, alors que dans le même temps le trafic aérien devrait doubler. L’une des solutions privilégiées par les compagnies et les avionneurs réside dans l’utilisation de carburants d’origine végétale.

Huile ou carburant de synthèse

De nombreux carburants expérimentaux sont à l’essai : directement fabriqués à partir d’huiles végétales, ou fruits d’une gazéification suivie d’une synthèse Fischer-Tropsch de résidus de bois, pailles de céréales, et autres déchets forestiers.

Fortes contraintes aéronautiques

Dans le cas australien, la moutarde d’Abyssinie a plusieurs avantages. Le carburant qui en est issu répond aux prescriptions du monde aérien : résister à de forts différentiels thermiques (de – 60°C à + 50°C ), de pression (de la pression atmosphérique au sol à une pression de 0,3 bar en altitude) et ne pas dégrader les élastomères utilisés dans les joints de certaines pièces du moteur. Mission remplie pour Brassica carinata.

Terres arides

Cette lointaine cousine du chou pousse aussi sur les terres les plus arides et ne concurrence donc pas les cultures nourricières. Si les essais s’avèrent concluants, Quantas prévoit d’en lancer la culture à grande échelle en Australie. De quoi conjuguer lutte contre le réchauffement climatique et développement d’une nouvelle activité agricole.