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6 idées reçues sur le biométhane

Source d’énergie renouvelable prometteuse, le gaz vert est assez méconnu du grand public. Retour sur quelques idées reçues qui ne correspondent pas à la réalité de cette filière d’avenir.

Idée reçue 1 : Le biométhane est produit principalement grâce à des cultures dédiées et cela pénalise le secteur agricole

FAUX. “En France, le biométhane est d’abord produit avec nos déchets”, indique Jean-François Carpentier, chef d’agence biométhane chez ENGIE. Les déchets des particuliers, issus du tri sélectif, comme ceux des professionnels de l’industrie agroalimentaire, de la grande distribution et de la restauration collective : plats cuisinés, glaces, pain, graisses, résidus comme le lactosérum acide, etc…

La production de biométhane permet aussi de valoriser de nombreux déchets agricoles comme le fumier ou le lisier (de bovins, caprins, volailles…) et les déchets de culture (son, paille, feuilles…).

Les cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) ne représentent qu’une source minoritaire des intrants et sont mises en place lorsqu’un sol ne peut pas donner de culture propre à l’alimentation humaine, souvent au moment de l’hiver. Et le secteur agricole bénéficie directement de la méthanisation car le processus produit du digestat, un engrais vert qui permet d’amender les sols.

Idée reçue 2 : Il faut vivre à côté de fermes pour pouvoir utiliser du gaz vert

FAUX. Le gaz produit grâce à la méthanisation peut être injecté dans le réseau. Interconnecté, celui-ci couvre tout le territoire français : le biométhane peut donc être consommé n’importe où sur le territoire, quelle que soit l’origine du gaz qui est alors garantie par un certificat.

Le biométhane peut par ailleurs remplacer n’importe quel gaz, que ce soit pour alimenter le brûleur d’une gazinière, une chaîne industrielle ou un réseau de chaleur.

Idée reçue 3 : La production et l’utilisation de biométhane dégagent de mauvaises odeurs

PLUTÔT FAUX.Le principe même de la méthanisation consiste à produire une réaction chimique grâce à l’absence d’oxygène. Le contenu d’un méthaniseur ne doit donc jamais être en contact avec l’air ambiant et il ne peut pas le contaminer”, affirme Jean-François Carpentier.

Une fois épurée et filtrée par les bactéries, la matière première produit un résidu inodore semblable à de l’humus, et le gaz qui sort du méthaniseur est de la même qualité que le gaz provenant de sources fossiles.

Idée reçue 4 : Le gaz vert coûte plus cher que le gaz d’origine fossile

VRAI, mais réducteur. La filière du biométhane est récente et les coûts de fabrication sont encore élevés, mais ils vont diminuer au fur et à mesure grâce à l’amélioration des techniques et aux économies d’échelles.

Nous n’avons pas encore atteint la masse critique : il n’y a aujourd’hui que 100 sites de méthanisation en France, et leur production équivaut à 1% de la consommation nationale de gaz”, précise Jean-François Carpentier. “Avec l’industrialisation, le prix va forcément baisser et les prévisions fixent à 2050 le moment où le gaz vert sera aussi compétitif que le gaz d’origine fossile”.

Idée reçue 5 : La production de biométhane n’a pas d’impact sur l’emploi local

FAUX. On estime que chaque méthaniseur permet de créer deux emplois directs et de nombreux emplois indirects avec la création d’une boucle locale et vertueuse. Ces installations peuvent servir au traitement des déchets et contribuent à la pérennisation des activités agricoles, tandis que le passage des transporteurs des intrants et de la matière d’épandage permet de booster l’économie locale.

Idée reçue 6 : Le biométhane n’est pas si vert que cela

FAUX, FAUX et FAUX ! Le biométhane est produit à partir d’intrants d’origine organique et renouvelable et grâce à un processus de transformation particulièrement économe. “Seulement 20 à 30% de l’énergie produite par la méthanisation est utilisée pour le fonctionnement de l’installation, ce qui permet d’atteindre des rendements supérieurs à 70%”, souligne Jean-François Carpentier.

Le biométhane permet également de recueillir le CO2 pour le valoriser, et lors de sa combustion il ne relâche pas de gaz à effet de serre. En effet, le CO2 a été capté il y a moins de deux ans et non plusieurs milliers d’années comme pour le charbon par exemple.

Enfin, le biométhane ne dégage pas de particules fines dans l’atmosphère lorsqu’il est utilisé en tant que combustible pour véhicules (GNV). “À tous les niveaux, le bilan environnemental est vraiment très positif !”.